EN BREF

  • 43 % des requêtes non anglophones de ChatGPT se font en anglais.
  • 78 % des sessions non anglophones contiennent au moins une requête en anglais.
  • Les acteurs locaux comme Allegro en Pologne sont souvent invisibles.
  • ChatGPT privilégie des sources anglophones sur les médias locaux.
  • Le SEO des marques non anglophones est impacté par cette tendance.
  • Les entreprises doivent adapter leur stratégie de contenu pour exister dans les résultats d’IA.
  • Une réflexion sur les fan-outs en anglais est nécessaire pour la visibilité.

Une étude menée par Peec AI sur plus de 10 millions de requêtes a révélé que ChatGPT favorise les recherches en anglais, même lorsque les utilisateurs posent des questions dans d’autres langues. Selon les résultats, 43 % des requêtes en arrière-plan générées par des prompts non anglophones sont effectuées en anglais, et 78 % des sessions incluent au moins une recherche en anglais. Ce biais linguistique a des conséquences sur la visibilité des acteurs locaux, notamment en Pologne, Allemagne et Espagne, où des plateformes comme Allegro ou d’autres marques nationales sont souvent reléguées au profit de géants mondiaux. Les marques non anglophones doivent donc repenser leur stratégie de contenu pour inclure l’anglais afin de ne pas être invisibles dans les réponses de ChatGPT.

Étude révélatrice : ChatGPT désavantage-t-il les sites web non anglophones ?

Une récente étude menée par Peec AI met en lumière un phénomène préoccupant concernant l’utilisation de ChatGPT par des utilisateurs non anglophones. En analysant plus de 10 millions de requêtes, il apparaît que, même lorsque les questions sont posées dans d’autres langues, la majorité des recherches internes du modèle d’IA basculent vers l’anglais. Ce changement linguistique engendre un désavantage flagrant pour les sites non anglophones, notamment ceux ayant des leaders locaux, qui se retrouvent souvent invisibles derrière des géants mondiaux. Ce phénomène impacte directement le SEO et la visibilité des entreprises dans des marchés spécifiques. Tout au long de cet article, nous explorerons les détails de cette analyse et ses implications pour le monde du digital.

Comprendre le fonctionnement des requêtes dans ChatGPT

ChatGPT utilise un système complexe de traitement des requêtes qui se construit autour de sous-requêtes, connues sous le nom de « fan-outs ». Lorsqu’un utilisateur soumet une question, le système reformule et décompose la demande en plusieurs recherches ciblées. Ces requêtes sont ensuite envoyées à différents partenaires de recherche pour collecter des informations fiables et pertinentes. Ce processus peut avoir des conséquences significatives pour le contenu généré en fonction des langues utilisées.

Il a été observé que, pour les prompts non anglophones, près de 43 % des fan-outs se font en anglais. Cela signifie qu’à chaque fois qu’une question est posée dans une autre langue, le modèle se tourne en partie vers des sources dans la langue anglaise, même si l’utilisateur ne l’a pas spécifiquement demandé. Cette tendance n’est pas isolée, car 78 % des sessions utilisant une autre langue incluent au moins une requête de recherche en anglais.

Les conséquences pour les sites non anglophones

Ce phénomène engendre des défis considérables pour les sites web non anglophones, en particulier ceux qui sont déjà bien établis dans leurs marchés locaux. Des plateformes comme Allegro en Pologne, reconnue comme le leader du commerce en ligne dans le pays, se retrouvent souvent reléguées derrière des géants tels qu’eBay lorsque les utilisateurs posent des questions en polonais.

De même, en Espagne, lors de recherches concernant des marques de vêtements, les résultats mettent souvent en avant des marques globales, laissant peu ou pas de place pour les acteurs locaux. Ces biais affectent également les contenus politiques, où les médias de langue anglaise sont privilégiés, infligeant un impact sur le paysage médiatique et culturel local.

Un enjeux de visibilité et de SEO

Le désavantage structurel pour les entreprises non anglophones ne se limite pas à la simple difficulté à recevoir des mentions dans les réponses de ChatGPT. Il présente également un enjeu majeur pour le référencement naturel (SEO). Les modèles d’IA, en préférant les contenus en anglais, filtrent les candidats potentiels pour les sources d’information avant même d’évaluer la qualité ou la popularité des sites dans d’autres langues.

Cette sélection biaisée pose un précédent : les sites qui ne sont pas présents sur le web anglophone ou qui ne disposent pas de signaux d’autorité suffisants risquent de ne pas être envisagés, même s’ils sont leaders sur leur marché local. Cela crée un écart de résonance entre ce qui est réellement populaire dans une langue donnée et ce qui est perçu comme fiable par un modèle d’IA comme ChatGPT.

Les tendances selon les langues

Les études de Peec AI montrent également des variations notables selon les langues. Par exemple, les requêtes en turc montrent une anglicisation beaucoup plus marquée, avec 94 % des sessions intégrant au moins un fan-out en anglais. En revanche, l’espagnol, bien que moins exposé, enregistre quand même 66 % de sessions avec des requêtes en anglais. En France, près de 82 % des requêtes en français engendrent au moins un fan-out en anglais, ce qui témoigne d’une tendance générale à l’anglicisation des recherches.

Pourquoi l’anglais prédomine-t-il ?

Deux raisons principales expliquent cette préférence pour la langue anglaise lorsqu’il s’agit de ChatGPT. Tout d’abord, les signaux d’autorité jouent un rôle crucial. Les sites en anglais bénéficient généralement de plus de backlinks et de citations, ce qui les rend plus attrayants pour les modèles d’IA qui cherchent à établir des bases de données d’informations fiables.

Deuxièmement, minimiser le risque d’une mauvaise réponse est un objectif fondamental pour un modèle d’IA. Étant donné qu’une grande partie du contenu disponible en ligne est en anglais, élargir la recherche à cette langue augmente les chances de tomber sur des sources considérées comme pertinentes. Pour ChatGPT, cette stratégie est une manière d’assurer des réponses optimales, même si cela donne la priorité à des contenus qui peuvent ne pas refléter les préoccupations locales.

Adaptation des marques non anglophones

Pour les entreprises évoluant dans des marchés non anglophones, il devient crucial de reconnaître ces biais linguistiques afin de s’adapter stratégiquement. Il ne s’agit pas seulement de traduire tout le contenu en anglais, ce qui est souvent impraticable, mais plutôt d’identifier les types de contenu qui ont une réelle chance d’être cités par ChatGPT. Cela peut passer par une analyse des sources déjà mentionnées par l’IA et l’élaboration de contenus spécifiques en anglais qui répondent à des besoins identifiés.

Optimiser le contenu pour l’IA

Les marques doivent envisager des stratégies proactives pour s’assurer que leur contenu soit inclus dans les réponses générées par les modèles d’IA. Cela peut impliquer la création de contenus clés en anglais qui sont susceptibles d’être mentionnés dans les fan-outs, en particulier sur des thèmes populaires ou des comparatifs de produits.

Intégrer sa présence dans des articles de type « listicles » ou des comparatifs en anglais est également une option à considérer. Les requêtes telles que « best X brands » ou « top Y tools » sont de plus en plus courantes dans le cadre des recherches anglophones, et apparaître dans ces mentions peut renforcer la visibilité des marques locales à l’échelle internationale.

Suivi et analyse continue

Enfin, la nécessité de suivre l’évolution de sa visibilité au sein des assistants IA comme ChatGPT est plus accablante que jamais. Les entreprises doivent évaluer régulièrement leurs performances au sein de ces systèmes de réponses automatisées pour détecter les lacunes et prioriser les contenus à créer. Une compréhension approfondie de la manière dont les modèles d’IA fonctionnent sera indispensable pour développer une stratégie à la fois efficace et pertinente dans un environnement largement dominé par l’anglais.

Vers une solution multilingue

À long terme, pour corriger ce biais linguistique, il sera essentiel d’investir dans le développement de modèles multilingues qui servent équitablement les marchés non anglophones. Ces modèles devraient être conçus dès le départ pour intégrer des corpus et des logiques de recherche en adéquation avec les langues et cultures locales. Cela permettra d’offrir une plus grande équité aux marques non anglophones et de diversifier les sources d’information dans les systèmes d’IA, réduisant ainsi la domination des contenus anglophones.

Les dynamiques observées dans le cadre des recherches sur ChatGPT soulignent une réalité préoccupante pour l’industrie du digital. Les grandes entreprises non anglophones doivent être proactives pour naviguer dans ce paysage concurrentiel dominé par la langue anglaise, sous peine de rester invisibles ou de se faire devancer par les acteurs mondiaux.

Pour les équipes de SEO, il en découle que leurs stratégies doivent évoluer pour intégrer non seulement les considérations de référencement traditionnel, mais également prendre en compte la place de leurs marques dans l’écosystème AI. La quête du succès dans un monde numérique de plus en plus orienté vers l’anglais exige une compréhension croissante et un engagement stratégique dans des initiatives d’adaptation linguistique.

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Témoignages sur l’Étude révélatrice : ChatGPT désavantage-t-il les sites web non anglophones ?

« En tant que responsable SEO d’une marque leader en Pologne, j’ai été frappé par les résultats de cette étude. Nous savons que Allegro est la plateforme de choix pour les enchères en ligne, mais nos produits ne figurent que rarement dans les réponses de ChatGPT. Cela montre à quel point notre visibilité est impactée par cet biais linguistique, qui favorise les plateformes globales comme eBay. »

« Travaillant pour une entreprise espagnole dans le secteur de la mode, je ne peux qu’être d’accord avec les constatations. Lors de recherches sur des marques de vêtements, bien que Zara et Mango soient reconnues internationalement, nos marques locales sont souvent zappées. C’est frustrant de constater que même si notre industrie est riche, nous restons invisibles face aux grands acteurs à cause des fan-outs en anglais. »

« En tant qu’expert en marketing numérique en France, j’ai observé une tendance similaire. Mes clients, qui sont des acteurs majeurs sur le marché local, se retrouvent à la traîne derrière des multinationales dans les réponses de ChatGPT. Cela remet en question notre stratégie de contenu. Si nous ne prenons pas en compte la nécessité d’optimiser une partie de notre contenu en anglais, nous risquons de perdre des opportunités cruciales. »

« Cette étude me rend inquiet pour l’avenir de notre contenu. Nous avons investi dans le développement de contenu de qualité en allemand, mais si ChatGPT continue de privilégier les sources anglophones, nous pourrions voir nos efforts réduits à néant. Il est maintenant évident que pour exister dans cet écosystème, nous devons réfléchir à des stratégies de contenu en anglais. »

« En lisant les résultats, j’ai eu le sentiment que les acteurs locaux avaient besoin d’un plan d’action clair. Identifier les sources que ChatGPT privilégie dans notre domaine est fondamental. Si nous ne faisons pas partie de ces discussions, nous pourrions finir par disparaître complètement des résultats de recherche, et ce serait catastrophique pour notre visibilité et notre SEO. »

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